ConfianceMedicament : Peut-on faire confiance au médicament ? 12 au 22 Octobre 2009 – Le médicament parlons-en

Les entreprises du médicament
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26 octobre 2009

Investissement dans l’innovation

dans Eléments de confiance | 0 Commentaire

Les médicaments font-ils reculer les maladies ?

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En un demi-siècle, les progrès en matière de découvertes de médicaments ont été tels qu’ils ont permis de faire reculer de nombreuses maladies, et la vaccination y a beaucoup contribué. Depuis 2000, ce sont en moyenne 50 situations thérapeutiques qui sont améliorées chaque année grâce aux médicaments et aux vaccins. C’est considérable, mais loin d’être suffisant.

La multiplication des échanges internationaux, l’augmentation de la résistance aux antibiotiques, l’émergence d’agents infectieux inconnus font apparaître de nouvelles maladies ou en font ressurgir de plus anciennes que l’on croyait maîtrisées. Sans compter les pathologies liées à l’âge, multiples et variées (ostéoporose, maladies neurodégénératives, cancers…) qui devraient se développer du fait de l’augmentation de l’espérance de vie, mais pour lesquelles il n’existe pas encore de véritable solution. C’est également le cas des maladies rares.

Au total, seulement un quart des 30 000 maladies répertoriées dans le monde dispose d’un traitement. C’est dire si le défi est grand pour les chercheurs !

L’innovation est-elle en panne ?

L’ère de la chimie fine et de la pharmacologie, à son apogée dans la deuxième moitié du XXe siècle, a permis de découvrir et produire quantité de médicaments. Cette cascade de progrès a laissé penser que ce rythme d’innovations demeurerait aussi dynamique, de façon quasi automatique. Pourtant, avec le développement des technologies de recherche (criblage…) et de diagnostic (imagerie médicale…), on s’aperçoit que certaines maladies sont encore plus complexes à traiter que ce que l’on avait imaginé.

Face à ces besoins en traitements, la mobilisation des entreprises reste forte : pas moins de 5 000 molécules sont actuellement testées ou développées au niveau mondial dans les laboratoires de l’industrie.

En 2007, les Entreprises du Médicament ont rendu publique une étude sur 12 besoins médicaux non ou mal couverts en France : obésité, diabète, insuffisance cardiaque, cancer du sein, cancer colorectal, mélanome, dépression, schizophrénie, sclérose en plaques, maladie d’Alzheimer, polyarthrite rhumatoïde et maladie de Crohn.

Les obstacles, auxquels se heurte l’approche thérapeutique des maladies infectieuses, rendent aujourd’hui indispensables le renforcement de l’approche préventive par la vaccination et la lutte contre les infections nosocomiales (transmission d’agents pathogènes entre les malades dans des unités à risque). Actuellement, plus de 200 vaccins sont testés cliniquement.

D’où viendra le renouveau ? Des biotech’ ?

Le développement de la génomique et de la biologie moléculaire pourrait changer la donne. Leur arrivée a déjà considérablement élargi le champ des possibles : avec ses 26 000 gènes et 200 000 protéines, le corps humain recèle un potentiel thérapeutique immense ! Les chercheurs estiment qu’il pourrait y avoir entre 5 000 et 10 000 biomédicaments (médicaments issus des biotechnologies). 633 sont déjà en développement clinique (PhRMA 2008) dans le monde, 107 sont commercialisés en France, soit 2/3 des 160 biomédicaments disponibles dans le monde (Etude Leem Biomédicaments 2010).

Alors que les médicaments découverts au début du XXe siècle avaient un large champ d’action (aspirine, antibiotiques, anticoagulants, cortisone…), ceux d’aujourd’hui ont une action beaucoup plus précise pour un maximum d’efficacité et un minimum d’effets secondaires (anticorps monoclonal anti-angiogénèse dans le cancer colorectal, récepteurs solubles contre les maladies auto-immunes, premier vaccin anti-cancéreux…).

Le décodage du génome humain et le progrès des techniques de traitement de l’information vont assurément permettre de franchir de nouvelles étapes. Ils vont permettre aux chercheurs de se concentrer davantage sur les maladies qui frappent un nombre limité de patients, qu’il s’agisse de pathologies dites « orphelines », ou de sous-populations spécifiques.

Des nanos ?

Grâce aux nanotechnologies, on est (et sera) capable d’améliorer la distribution du médicament dans l’organisme, par la mise au point de nouveaux dispositifs de délivrance des traitements, avec les nanotubes, les nano-aiguilles, les nanovecteurs de thérapie génique.

La trentaine de nanoproduits médicaux présents aujourd’hui sur le marché sont en majorité des outils dits de « drug delivery », qui permettent de transporter sélectivement le médicament vers sa cible. Les 2/3 sont constitués de liposomes et de nanocristaux.

Les nanotechnologies permettent aussi d’obtenir des outils de diagnostic et de thérapeutique plus sensibles, plus spécifiques du tissu ou de la cellule et biologiquement plus actifs :

  • dans le diagnostic in vitro, par les puces à ADN ou à protéines, les puces à cellules…
  • dans le diagnostic in vivo, avec l’imagerie par résonance magnétique (IRM), l’imagerie nucléaire, les ultrasons…
  • dans la recherche de cibles thérapeutiques ou de nouveaux mécanismes d’action notamment dans les domaines de l’oncologie, de la prise en charge de Sida.

On sera aussi capable de mieux en mieux appréhender la complexité du vivant, concevoir des principes actifs issus de la connaissance précise des mécanismes physiologiques à l’échelle nanométrique et de découvrir de nouveaux types de biomarqueurs.

Des cellules souches ?

Le potentiel de la thérapie cellulaire à base de cellules souches embryonnaires de cordon ou adultes semble immense. Ces techniques devraient permettre à terme de remplacer des cellules déficientes, de reconstituer des organes détruits et de traiter certaines maladies neurodégénératives, les diabètes de type 1 et les insuffisances cardiaques… La thérapie cellulaire devrait également servir d’outil à l’immunothérapie anticancéreuse, stratégie thérapeutique qui vise à stimuler les cellules du système immunitaire contre les tumeurs.

Pourquoi la santé coûte-t-elle de plus en plus cher ?

L’industrie du médicament est entrée récemment dans une nouvelle phase, bouleversée par les progrès des sciences de la vie et une meilleure connaissance du vivant : l’essor des biotechnologies, le développement de nouvelles disciplines (génomique, protéomique, pharmacogénomique), l’hypersophistication des outils (banques de données, plateformes de criblage, puces à ADN, etc.)… Mettre au point un médicament aujourd’hui implique donc d’une part une compréhension approfondie des mécanismes pathologiques (maîtrise parfaite de ces nouvelles disciplines), et d’autre part la gestion et l’analyse d’innombrables données (maîtrise parfaite de l’informatique et de la robotique).

Autant d’évolutions qui expliquent l’envolée du coût de la recherche ! Entre 1990 et 2007, il a été multiplié par 5 aux Etats-Unis et par 3 en Europe.

Le travail de recherche et développement est donc de plus en plus complexe et les entreprises du médicament se tournent de plus en plus vers les sociétés de biotechnologie. Les partenariats se développent, entre la recherche académique et la recherche privée. Leur soutien mutuel est indispensable, tout comme l’est celui entre start-up et grands groupes.

La France est-elle compétitive ?

L’équation traditionnelle de l’innovation « recherche + développement + fabrication + autorisation = médicament » patine. Les paramètres du progrès thérapeutique sont bouleversés.

Pour être compétitif, il faut changer d’équation et, donc, réussir le pari des biotechnologies. La France doit, dans ce domaine, rattraper son retard. Elle le peut, si elle le veut. Le Royaume-Uni possède quatre fois plus d’entreprises de biotechnologies cotées que la France. En outre, aucune implantation de site de bioproduction de lots commerciaux en France n’était prévue jusqu’à une date très récente. Heureusement les choses commencent à changer. Les enjeux sont stratégiques : la part des biomédicaments dans l’industrie pharmaceutique devrait en effet passer de 10% à plus de 15% d’ici à 2012. Parallèlement, une augmentation de 12% des ventes mondiales des biomédicaments est attendue d’ici à cinq ans contre un accroissement de seulement 4% des ventes de médicaments classiques.*

L’excellence, un facteur d’attractivité ?

Il ne faut pas croire pour autant que la France piétine. Notre pays est reconnu au niveau international pour sa spécialisation sur les phases précoces de développement en recherche clinique. Elles correspondent à la validation de la découverte.
Les Entreprises du Médicament fondent leurs espoirs sur les atouts de l’hexagone, qui dispose d’avantages certains en matière de recherche médicale : des chercheurs reconnus sur le plan international, une structure hospitalière renommée ainsi qu’un excellent réseau de Centres d’investigation clinique, des plateformes techniques performantes, des domaines d’excellence comme la cancérologie et l’infectiologie, et enfin un système de Crédit d’Impôt Recherche attractif.

Les Entreprises du Médicament, pour consolider leurs innovations, apportent leur soutien aux initiatives publiques (pôles de compétence, pacte PME…), signent des accords de partenariat et procèdent dans certains cas à l’acquisition de sociétés de biotechnologies. Elles sont particulièrement proactives dans leurs propositions vis-à-vis des pouvoirs publics visant à développer le secteur des biotechnologies en santé.

L’industrie pharmaceutique est jugée sur sa capacité à innover. On attend d’elle un flux régulier de nouveaux médicaments et la mise sur le marché, avec la quasi-régularité d’un métronome, d’environ 50 innovations par an. Une sorte de « dogme » qui prévalait encore au début des années 2000 et qui se trouve battu en brèche par l’accumulation quasi-exponentielle des connaissances en biologie. Travailler sur le vivant et concevoir des médicaments à partir du vivant s’avère infiniment plus complexe qu’escompté.

Les industriels du médicament ont besoin de ces recherches qui seront, à terme, porteuses de solutions et conditionneront leur capacité à soulager les patients.

Les connaissances ont plus progressé ces 50 dernières années qu’au cours de l’histoire de l’humanité. Il y avait autrefois quelques innovations par siècle : cela laissait le temps de les expliquer, les comprendre et les assimiler avant de les adopter. Toutes ces connaissances nouvelles sont à l’origine de situations sans précédent, qui sont autant de questions en termes de choix, de défis éthiques et de fonctionnement des démocraties.

Les débats concernant les recherches biomédicales et l’utilisation de ces nouvelles armes (cellules souches, nanotechnologies…) doivent être les plus larges possible : les choix éthiques nécessitent un cheminement vers la solution retenue, en toute transparence et en toute conscience.

Face à ces besoins en traitements, la mobilisation des entreprises reste forte : pas moins de 5 000 molécules sont actuellement testées ou développées au niveau mondial dans les laboratoires de l’industrie.

En 2007, les Entreprises du Médicament ont rendu publique une étude sur 12 besoins médicaux non ou mal couverts en France : obésité, diabète, insuffisance cardiaque, cancer du sein, cancer colorectal, mélanome, dépression, schizophrénie, sclérose en plaques, maladie d’Alzheimer, polyarthrite rhumatoïde et maladie de Crohn.

 
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