3 février 2009
Médicaments et environnement : la question des rejets de médicaments dans l’eau
52 % des médicaments sont inspirés de molécules naturelles ou ont une origine naturelle. La relation entre le milieu naturel et le médicament, à la biodiversité de façon générale, est donc une préoccupation fondamentale des entreprises du médicament, tant pour la préserver que pour en appréhender les potentialités.
Les Entreprises du Médicament se sont saisies de la question du cycle de vie du médicament et de son impact environnemental dans le cadre de leur politique de responsabilité qui comprend un volet d’engagement important dans les questions de biodiversité.. Certaines entreprises du médicament ont d’ailleurs fait de cette limitation des impacts une politique de longue date. La profession s’est organisée à l’occasion du Grenelle de l’Environnement pour participer à la réflexion sur ces questions et parmi les dix objectifs environnementaux adoptés par le secteur à l’issue du Grenelle, l’impact des médicaments dans l’eau fait l’objet d’une attention particulière.
1. Les progrès des méthodes d’analyse permettent de détecter des traces de substances médicamenteuses résiduelles dans les eaux ; les concentrations varient du nanogramme par litre au microgramme par litre. Les récentes conclusions du projet européen KNAPPE sur l’état d’avancement des connaissances scientifiques sur les rejets dans l’eau montrent que les impacts environnementaux et sanitaires sont difficiles à évaluer, et que certaines données scientifiques ne sont pas aisément mesurables. Malgré cette difficulté d’information, le sujet est incontestablement préoccupant et justifie une approche préventive et raisonnée.
Dans ce contexte, Les Entreprises du Médicament souhaitent renforcer leur participation à toutes les actions en cours qui s’orientent autour de :
- L’implication de tous les acteurs du cycle de vie du médicament dans une démarche d’évaluation du risque et de prévention des impacts environnementaux.
- La communication et la sensibilisation des communautés médicale, environnementale et du grand public pour adapter les comportements en amont (bonne gestion des déchets).
- L’amélioration des connaissances scientifiques (organisation de l’expertise, liste de molécules à surveiller…).
2. Pour faire progresser ces enjeux importants, Les Entreprises du Médicament s’investissent dans plusieurs directions:
- La mise en place des collaborations croisées avec les autres activités ou secteurs concernés (médicaments vétérinaires, entreprises de la supply-chain, acteurs du traitement de l’eau, autorités…).
- La participation aux travaux scientifiques à l’échelon national et européen (groupe de travail « qualité des eaux de boissons » de l’AFSSA, projet KNAPPE…)
- Lors de la fabrication des médicaments, au niveau de la production pharmaceutique en poursuivant la politique d’amélioration continue des dispositifs de production et en travaillant sur l’éco-conception des médicaments dès leur fabrication.
- La maximalisation du dispositif de collecte des Médicaments Non Utilisés par les patients (Cyclamed). Aujourd’hui, la profession est mobilisée pour optimiser ce dispositif de collecte et d’élimination. Reste maintenant à sensibiliser les patients et à valoriser leur geste de tri de façon plus systématique!
- Parallèlement, l’éducation au bon usage doit être amplifiée auprès des patients sur le respect de la prescription dans une logique de santé publique et de diminution des accidents domestiques et pour éviter tout stockage à domicile. C’est tout le sens de la Semaine du Médicament, qui ayant pour thème « le patient » sera l’occasion de diffuser les 7 règles d’or d’usage du médicament à domicile.








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