ConfianceMedicament : Peut-on faire confiance au médicament ? 12 au 22 Octobre 2009 – Le médicament parlons-en

Les entreprises du médicament
RSS  

14 octobre 2008

Les experts répondent aux questions -mardi 14octobre

dans Question Semaine de dialogue, Questions/Réponses, Semaine de dialogue 2008 | 0 Commentaire

Experts du mardi 141. « Aujourd’hui, nous parlons souvent de nouveaux médicaments. Malheureusement, en lisant la presse spécialisée, hormis les avancées thérapeutiques dans les maladies rares, on peut se rendre compte qu’il existe de « vague copie » parmi les classes thérapeutiques déjà très étoffées ?
Ne serait il pas de la responsabilité du Leem d’ empêcher l’arrivée de ces copies sur le marché qui ne vont faire que le médecin devient qu’une cible d’un merchandising accru ?  »
Vous soulignez le rôle clé du secteur pharmaceutique dans la Recherche et l’Innovation en évoquant les avancées thérapeutiques dans le domaine des maladies rares.
Il est parfois aussi important d’apporter des améliorations attendues par les patients en terme d’amélioration des effets secondaires et d’amélioration de la qualité de vie ou pour faciliter l’adhésion/observance au traitement.
Pour un « observateur externe » ces légères améliorations peuvent être assimilées à de « vagues copies ». Pourtant cette Amélioration du Service Médical Rendu (ASMR) est une condition essentielle pour obtenir un prix de remboursement satisfaisant.

« 2. Quel est le devenir des médicaments périmés ? En quoi consiste la gestion de ces déchets ?
Les médicament périmés ne doivent pas être jetés à la poubelle. On doit séparer le conditionnement et la notice du médicament proprement dit.
Le conditionnement et la notice sont à jeter dans les structures de tri proposées par chaque commune. Le médicament est à rapporter au pharmacien d’officine.
Ce dernier suit les recommandations de la société CYCLAME D qui coordonne la récupération des déchets issus de médicaments et en assure leurs destruction par incinération via des prestataires agréés.
Pour plus d’information s’adresser à
CYCLAMED 68 bd Flandrin 75116 Paris tel 01 53 70 02 70

Experts du mardi 14« 3. Quel est le réel intérêt du médicament générique ? Il fait perdre de l’argent au laboratoire, il oblige la reformulation ou l’utilisation d’un métabolite pour contrer la perte du brevet d’exploitation et créer un flou dans certaines classes thérapeutiques, déstabilisent le patient âgé (où est ma gélule bleu et jaune alors qu’elle est verte et blanche aujourd’hui). De plus les laboratoires dit génériqueurs ne font que les molécules les plus prescrites et les dosages les plus prescrits: cela crée une source d’erreurs, pour le pharmacien qui doit jongler parfois parmi 4 ou 5 fournisseurs de génériques, expliquer que son laboratoire ce n’est pas celui du voisin, que la couleur va changer, etc… Ne serait-il pas mieux d’appliquer une diminution du prix après 15 années d’exploitation, avec un prix qui diminue jusque 50 % après 20 d’exploitation ? »
Effectivement les médicaments génériques peuvent présenter quelques inconvénients:

  • Désorienter certains patients, en particuliers âgés
  • Compliquer le travail de gestion du pharmacien

Il faut cependant rappeler

  • Qu’ils s’inscrivent dans une politique générale de maitrise des dépenses de santé
  • Qu’ils obéissent à une législation internationale de brevets industriels

La baisse de prix du produit princeps ne fermerait pas la porte à d’autres industriels du secteur.
En France, ils ne représentent que 10 % des ventes dans les pharmacies contre 30 % chez nos voisins Allemands ou Anglais.
Il appartient dans ce contexte de bien expliquer au patient les différences de présentation du générique par rapport au médicament princeps pour lui faciliter ce transfert qui lui est financièrement bénéfique.
Il appartient aussi au pharmacien d’intégrer les génériques dans la gestion de sa pharmacie. Il n’est pas tenu de travailler avec 4 ou 5 fournisseurs.
Cette participation à la maitrise des dépenses de santé est tout à fait conforme à son rôle social.

« 4. Pourquoi le Levothyrox est toujours conditionné en boîtes de 28 comprimés alors que la plupart du temps les personnes qui utilisent ce médicament doivent le prendre à vie ?
Ne serait-il pas plus judicieux de les conditionner par boîtes de 90 comprimés, d’autant plus que cela ferait des économies à la Sécurité Sociale et à l’utilisateur. Pour mon cas personnel, j’utilise du lévothyrox 75 et 25 (25:2). Cela me fait une bonne somme de retenue dans une année …. »

Les boites de 28 comprimés correspondent à 4 semaines de traitement conformément aux demandes des Autorités de Santé. Les conditionnements ne sont pas déterminés librement par les industriels.
Le choix de la quantité délivrée par le conditionnement est le résultat d’un arbitrage entre pusieurs critères :

  • Économie générée par de gros conditionnement
  • Adaptation de la quantité délivrée à la posologie et à la durée de traitement

Proposer des gros conditionnement n’est pas forcement générateur d’économie. Les risques de gaspillage sont évidents lors d’arrêt du traitement pour diverses raisons ( intolérance, changement de thérapeutiques, …)

Experts du mardi 14« 5. J’ai vu dernièrement, que certains fruits comme le pamplemousse ont une interaction avec les médicaments (antibiotiques). Où pourrais je trouver des informations à ce sujet ? Merci « 
Certains aliments peuvent interagir avec l’action de certains médicaments. Une interaction avérée sera signalée par le fabricant dans la notice qu’il faut soigneusement lire avant toute prise de médicaments.
En cas de doute, vous devez vous adresser à votre pharmacien.
Vous pouvez également faire appel au service d’information médicale du laboratoire fabricant dont vous trouverez les coordonnées sur la notice.

« 6. Les pharmaciens peut-il prescrire des médicaments en dépannage ?  »
Il faut distinguer les médicaments de prescription des médicaments d’automédication. Pour ce qui concerne les médicaments de prescription, le pharmacien n’est pas habilité à les prescrire mais il peut et doit assurer la continuité d’un traitement en s’assurant, par la connaissance qu’il a du patient, que la raison invoquée est valable.
Pour ce qui est du médicament d’automédication, il peut et doit répondre à une demande de conseil en respectant quelques règles:

  • Que la pathologie soit accessible à ce type de médicament
  • Qu’il ne traite pas dans la durée
  • Qu’il adresse systematiquement le patient au medecin si le resultat n’est pas obtenu rapidement


« 7. Pourquoi tolère t-on la vente de produits cosmétiques dans les pharmacie, ceci augmente la confusion entre parapharmacie et pharmacie … S’étonner après qu’on puisse vendre des médicaments en grande surface …  »
Le pharmacien d’officine est un professionnel de santé de proximité à l’écoute des patients. Des produits cosmétiques sélectionnés et les médicaments présentent des analogies en terme de développement et d’exigence de sécurité. Il est donc normal de les réunir.
La présence de cosmétique permet aussi de renforcer l’équilibre financier des pharmacies alors même qu’elles sont astreintes à des contraintes de service public : service de garde assuré, stock immédiatement disponible, qualité technique du personnel chargé de la distribution, …
Au sein de la chaine de distribution, les pharmaciens d’officine participent à la sécurité, à la qualité et à la traçabilité des médicaments et sont l’un des garants de la fabrication contre la contrefaçon.

8. « J’ai l’impression ces dernières années que la recherche progresse lentement. On meurt toujours du cancer, de nouvelles maladies restent sans traitement. À l’heure des nanotechnologies, des biotechnologies, pourquoi n’avancent-on pas plus vite ? Que manque-t-il pour que les découvertes s’accélèrent et que les patients puissent en bénéficier ? Merci »
Le ralentissement des résultats de la recherche et de la mise sur le marché de médicament innovants relève essentiellement de 3 causes:

  • Plus la technicité des méthodes utilisées grandit, plus les délais de mise en pratique augmentent. Nous sommes passé de l’ère de la chimie relativement simple à l’ère des biotechnologies beaucoup plus complexe. Le stade du traitement des symptômes est dépassé. L’objectif est maintenant « d’attaquer la source du mal »
  • La crainte des effets secondaires des médicaments plus puissants, les considérations éthiques liées au caractère très innovant de certaines thérapies ou parfois même le principe de précautions compliquent ou retardent les développement.
  • Les autorisations réglementaires sont de plus en plus exigeante et donc plus longues à obtenir.

icone posez vos questionsL’ensemble de ces contraintes entraîne un accroissement considérable des couts de développement et les crédits qui lui sont alloués sont souvent insuffisants.

 
crédit