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oct
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Compte rendu du tchat du mercredi 17 Octobre : “l’innovation thérapeutique”

Christel Jouan-FlahaultChrystel Jouan-Flahault, Directeur médical du LEEM, répondait à vos questions sur le thème
“Aurons-nous demain les médicaments dont nous avons besoin ? Quels sont les besoins médicaux non satisfaits ?”

Moderateur :  Bienvenue sur le tchat de la Semaine du Médicament. Nous accueillons aujourd’hui Chrystel Jouan-Flahault, Directeur médical du LEEM, pour répondre à vos questions sur le thème : “Aurons-nous demain les médicaments dont nous avons besoin ? Quels sont les besoins médicaux non satisfaits ?” 

NINA :  existe-t-il un médicament ou une étude sur une nouvelle molécule pour améliorer ou guérir les scléroses en plaques primaires progressives. Merci ! 

Chrystel_Jouan-Flahault :  Il existe plusieurs médicaments actuellement en développement en essai clinique chez l’homme. 

Chrystel_Jouan-Flahault :  Certains d’entre-eux , avec de nouveaux mécanismes d’action, sont actuellement en phase 3 ( dernière phase d’essai avant autorisation) 

Chrystel_Jouan-Flahault :  Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez vous renseigner auprès de votre médecin traitant. Il existe par ailleurs un portail de recherche sur les essais clinique http://www.ifmpa.org/clinicaltrials  

catimini34 :  Quel avenir concernant la recherche de nouvelles thérapeutiques pour les maladies incurables (telles que maladies orphelines ou maladies auto immunes) ? et comment inciter les labos à investir pour des maladies telles que la sclérose en plaques, qui touche autour de 80 000 personnes en France  ?

Chrystel_Jouan-Flahault :  Actuellement il y a 35 médicaments qui sont autorisés dans le traitement des maladies rares bénéficiant à 1, 6 millions de patients. 460 médicaments sont en cours de développement  .

Chrystel_Jouan-Flahault :  La difficulté est qu’il existe entre 5000 et 7000 maladies rares actuellement répertoriées et que chaque mois de nouvelles maladies sont identifiées; 

Chrystel_Jouan-Flahault :  Les laboratoires investissent dans la recherche sur les maladies neuro dégénératives ou auto-imunes telles que la sclérose en plaque.. 

jean_L :  Y a t-il des études en cours pour déterminer les maladies de demain ? 

Chrystel_Jouan-Flahault :  Lorsque les maladies ne sont pas identifiées comme par exemple dans les cas de l’émergence de nouveaux virus, les laboratoires développent actuellement des vaccins ‘prototypes” qui devraient permettre de gagner trois à six mois pour la préparation d’un vaccin efficace lorsque l’épidémie surviendra. 

catimini34 :  en tant que juriste, que pourrait-on apporter aux laboratoires pour les aider à continuer à s’intéresser à ces maladies ? (cf. par exemple le statut du médicament orphelin). Autrement dit, que pourrait faire l’Etat pour inciter aux investissements des laboratoires pharmaceutiques pour ces maladies ? 

Chrystel_Jouan-Flahault :  L’Europe a adopté en 1999 un réglement spécifique pour favoriser le développement de la recherche pour les médicaments orphelins. 

Chrystel_Jouan-Flahault :  Ce réglement permet d’adapter les requis pour l’enregistrement des médicaments orphelins au caractère particulier des maladies concernées ( rareté) 

Sebastien :  puisque le médicament est un business, n’y a t-il pas un risque de voir demain les industries preferer développer les médicaments dit de “confort” (ex pilules pour maigrir ou contre les rides) au détriment des médicaments plus chers à developper et moins rentables (pour les maladies rares par exemple) ? 

Chrystel_Jouan-Flahault :  Les entreprises du médicament investissent en priorité sur les pathologies les plus courantes et/ou les plus graves. On peut donner comme exemple les maladies cardiovasculaires qui constituent la première cause de mortalité dans le monde ( 17 millions de personnes chaque année) et qui font l’objet d’investissements très importants de la part de l’industrie pharmaceutique. 

Chrystel_Jouan-Flahault :  Par ailleurs les maladies rares ne sont pas négligées puisque globalement 1227 programmes de recherche les concernent.

JEAN :  Peut on esperer des substitutions à la chimiothérapie ? Il y a t-il des pistes concretes ? 

Chrystel_Jouan-Flahault :  Oui, aujourd’hui les traitements visent avant tout à détruire les cellules anormales sans grande spécificité. A l’avenir, on pourra agir davantage en fonction de l’information génétique de la cellule. Ce qui ouvrira vers des thérapies ciblées. 

oshawa :  Ne serait-il pas de la responsabilité des “fabricants” de médicaments d’aider les gens à rester en bonne santé et finançant des campagnes de pédagogie de prévention   ?

Chrystel_Jouan-Flahault :  Les fabricants de médicaments sont déjà très engagés dans la prévention : prévention des maladies infectieuses avec la vaccination, prévention des maladies cardiovasculaires avec les anti-hypertenseurs, les anti-lipémiants, etc. 

Chrystel_Jouan-Flahault :  L’information faite par les entreprises du médicament sur leurs porduits a pour objectif de contribuer à leur bon usage. 

oshawa :  oui mais les style de vie, la nourriture, l’activitté…. Quelle pedagogie faites-vous ? 

Chrystel_Jouan-Flahault :  Face aux défis de santé publique, la réponse doit être coordonnée et les industriels du médicament participent aux côtés de la Recherche, de l’enseignement et de l’Etat aux efforts engagés vis à vis des maladies dites “sociétales” (obésité, diabète, etc.) 

veronique :  La recherche est elle structurellement en retard sur les maladies ? Ou peut elle anticipée ? Et va t-on réduire le temps entre l’éclosion d’une maladie et son traitement ?(Le cancer est toujours mal soigné !) 

catimini34 :  pour des traitements à fort coût pour la sécurité sociale (exemple de l’interféron), et concernant la question de l’accès aux médicaments de demain le médecin et le pharmacien n’ont-ils pas un rôle à jouer, tout autant que les labo ? (en tant que prescripteurs) 

Chrystel_Jouan-Flahault :  à véronique : Pour conduire une recherche il faut avoir identifié la cible, donc la maladie, cependant de considérables efforts ou investissements sont fait dans l’industrie pharmaceutique qui consacre 14% de son chiffre d’affaires à la Recherche et au développement , ce qui place cette industrie en première place pour le rapport entre investissement en R&D et vente. 

Chrystel_Jouan-Flahault :  à catmini34 : C’est le médecin prescripteur qui a un rôle à jouer , et seulement lui. c’est à lui de juger du meilleur rapport bénéfice/risque pour son patient. 

Marc :  Est-il réaliste de penser que demain les maladies comme le cancer ou le sida vont pouvoir être soignés par les médicaments de façon efficace, et ainsi réduire le taux de mortalité ? 

Chrystel_Jouan-Flahault :  Pour le sida, le pronostic a déjà considérablement évolué puisqu’il a permis de transformer une maladie constamment mortelle en une pathologie chronique avec laquelle il est possible de vivre; 

Chrystel_Jouan-Flahault :  Pour le cancer, la situation est également en nette amélioration puisque la mortalité a déjà considérablement diminuée dans certains types de cancers comme les leucémies de l’enfant. 

catherine :  Les Labos sont-ils prêt à repondre aux maladies venues de pays exotiques comme la maladie de la Dengue en provenance de Guadeloupe ? 

Chrystel_Jouan-Flahault :  Oui les laboratoires sont prets à se mobiliser pour des maladies dites exotiques, comme on a pu le constater à l’occasion de l’épidémie de chikungunya . 

Krio :  Avec le rechauffement climatique de nouvelles maladies vont faire leurs apparitions. Sommes nous prêt ? 

Chrystel_Jouan-Flahault :  Comme je le disais précédemment, les laboratoires, en plein accord avec les autorités de santé se préparent aux risques sanitaires émergeants ( vaccins protoypes de grippe aviaire) 

AL :  El l’assurance maladie de demain ? Cela ne sert pas à grand chose de développer des medicaments de plus en plus performant (+ en + cher) s’ils deviennent de moins en moins accessible ? 

Chrystel_Jouan-Flahault :  Le rôle de l’industrie pharmaceutique est de trouver des solutions toujours plus innovantes aux problèmes de santé et de veiller à un risque minimum pour les patients qui bénéficient des traitements 

marie :  Je connais un petit peu l’univers de la recherche et je suis effarée de voir le manque de coordination entre les pays ? Ne devrions nous pas nous unir, échanger les infos et avancer tous ensemble ? Suis-je trop naïve ? 

Chrystel_Jouan-Flahault :  Le manque de coordination entre les pays et entre les différents acteurs de la recherche est effectivement un frein au progrès thérapeutique mais la situation s’améliore avec la mise en place de programmes européens et la volonté partagée par tous de développer les partenariats entre les secteurs public et privé. 

catimini34 :  la conception de nouveaux médicaments vétérinaires bénéficiera-t-elle réellement à la santé animale ou bien est-elle davantage considérée dans son intérêt pour la santé humaine ? (médicament appétent pour l’animal ; soigner les maladies animales pour éviter les épidémies transférables à l’homme) 

Chrystel_Jouan-Flahault :  La conception de médicaments vétérinaires est ciblée sur l’animal mais les recherches sur les grandes épizooties devrait de fait profiter à la recherche sur les pathologies transmisibles à l’homme. 

Moderateur:  Merci Chrystel Jouan-Flahault , merci à tous pour votre participation . Nous n’avons pas pu répondre à toutes vos questions dans le temps imparti. Mais n’hésitez pas à les reposer sur le blog  www.le-medicament-parlons-en.com 

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